D’avocat à coach : témoignage d’un parcours…

par | 14 Déc, 2023 | Coaching

Avocate pendant 20 ans, j’ai récemment décidé de raccrocher la robe.
Je reviens sur mon parcours et vous donne les principales étapes ayant conduit à cette décision et à ce changement de vie.

Avocat : au départ, un non-choix

À l’école, j’étais plutôt scolaire, plutôt bonne élève, pas la meilleure de la classe mais des notes correctes un peu partout, sauf dans les matières scientifiques.
J’ai fait un bac B à l’époque (et oui « c’était à l’époque des lettres A, B, C »…)
Je ne savais pas vraiment quoi faire, éventuellement du journalisme, ça m’a traversé l’esprit, sans grande conviction pour autant. J’ai donc suivi ce que m’ont dit mes parents qui déménageaient au Mans : « Tu viens avec nous et tu feras du droit, ça te servira toujours et ça ouvre plein de portes ». Je reste, encore aujourd’hui, assez dubitative sur la véracité de cette affirmation…

Toujours est-il que j’ai fait mes études de droit tel un « bon petit soldat », consciencieusement, mais sans grand intérêt, sans grande passion, avec le même état d’esprit que celui que j’avais jusqu’alors, à savoir : dès qu’il s’agit d’étudier, de travailler, on ne se pose pas de questions, on fait le job.

Finalement, à la fin de mes études, j’étais bien intéressée pour être juriste en entreprise, suite à un stage que j’avais effectué. Toutefois, à ma grande surprise, les employeurs me demandaient le CAPA lors des entretiens d’embauche.

J’ai donc tenté le CRFPA, une fois encore sans grande conviction et sans grande envie et je l’ai eu. Je me suis souvent demandé si c’était une bonne chose de l’avoir eu du premier coup…
Ça ne m’a peut-être pas donné le bon signal. J’aurais aimé, à l’époque, qu’on me rappelle un proverbe que je trouve certes simpliste mais vrai : « Il est préférable d’aimer ce que l’on fait comme métier ou, à défaut de l’aimer, d’avoir de grandes facilités et d’être très brillant ».

Une fois le concours d’entrée au CRFPA en poche, évidemment j’ai fait l’école d’avocats et cherché une collaboration. Je dis « évidemment » parce que le poids de ce nouveau titre est tellement lourd qu’il n’est pas question, ni envisageable une seconde, de ne pas être avocat et de ne pas exercer en tant qu’avocat. C’est comme si un médecin, après ses années d’études, décidait de ne pas pratiquer en tant que médecin [1] et optait pour autre chose.

Impossible en tout cas pour moi, avec mon disque dur, mes croyances et mon entourage à l’époque, d’avoir le courage de renoncer à exercer ce métier qui ne me faisait pas plus envie que ça ; d’autant que je n’avais pas d’autre envie qui prenait le lead…

Il est vrai, aussi, que j’ai eu l’impression, quand j’ai réussi cet examen, d’être devenue aux yeux des autres une sorte de star, de génie, que c’était un truc incroyable et que tout le monde était fier de moi (honnêtement je ne comprenais pas vraiment pourquoi à l’époque et je ne le comprends toujours pas aujourd’hui… mais il faut bien reconnaître que ça a eu une influence importante sur moi).

Je me suis donc encore une fois laissée porter et j’ai emprunté un chemin que je n’avais pas choisi.

Quand on a le CAPA, on y va, on est avocat, pas le choix !

J’ai donc cherché une collaboration et j’ai eu la chance de rencontrer un avocat associé aux côtés duquel j’ai évolué durant de nombreuses années. J’ai appris plein de choses passionnantes et pas uniquement le droit.

Mais finalement, au fil des années, ce manque d’envie, de motivation initiale m’a rattrapée.

Plusieurs signaux auraient dû m’alerter, me semble-t-il avec le recul : l’absence d’envie d’avoir ma propre clientèle, mes propres dossiers, l’absence d’envie de vouloir évoluer et de vouloir être associée.

Bien sûr, et pour être parfaitement honnête, à cette absence d’envie était combinée une bonne part de peur. La peur de ne pas y arriver, de ne pas avoir toutes les compétences requises.

Je me suis rendu compte que je ne m’épanouissais pas dans ce que je faisais et j’avais le sentiment de ne pas être à ma place et de ne pas pouvoir mettre en application toutes mes compétences et qualités humaines.

Les crises d’angoisse : la sonnette d’alarme !

Ce sentiment de mal-être s’est aggravé au fil du temps, se manifestant par des crises d’angoisse sévères. J’avais vraiment l’impression d’être dans un tunnel, il n’y avait aucune sortie, aucune issue.
J’étais dans le noir total, aucune échappatoire possible, donc j’étouffais littéralement, je manquais d’air (c’était vraiment très sympa comme expérience…)

Ce tunnel était évidemment une belle métaphore et un beau reflet de ce que je vivais : je me sentais enfermée dans mon métier. Enfermement accru par un douloureux constat : malgré tant d’années passées à faire ce métier, j’avais l’impression de n’avoir acquis aucune expertise à revendre. Je faisais en effet beaucoup de choses différentes. J’avais parallèlement l’angoisse de rester indéfiniment collaboratrice mais, en même temps, je ne voulais pas devenir associée ni créer mon cabinet. J’étais persuadée que je ne savais rien faire d’autre, qu’il était peut-être trop tard pour trouver un autre métier, pour se reconvertir et que, de toute façon, je n’en avais ni le temps, ni l’argent. Toutes ces questions qui revenaient sans cesse me renvoyaient à une porte fermée, bloquée et me paralysaient.

Je tournais en rond. J’avais l’impression d’être engluée dans cette situation et de ne pas arriver à en sortir ; c’est comme si j’avais l’envie de me décoller les pieds de cette glue, mais la colle était trop forte et j’avais beau y mettre toutes mes forces et mon énergie, je restais accrochée…

En tout cas, mon corps m’envoyait un signal clair : Stop ! Danger !
J’ai compris, à ce moment-là, qu’il est important de savoir écouter ses émotions, qu’elles permettent de nous guider sur ce que nous avons besoin de faire.

Comment s’évader d’une prison dorée ?

L’évidence était d’arrêter de subir une situation qui, certes avait de nombreux avantages : un confort financier, intellectuel par la variété et la nouveauté des dossiers propres à ce métier et humain car j’étais entourée de personnes chaleureuses, intéressantes, drôles et dans un cabinet très chouette. Pas facile de casser un tel « confort » et des habitudes bien ancrées…

La pandémie du Covid est passée par là, avec sa bonne dose de remises en cause sur la vie et le sens de sa vie. Mais, en fait, c’est quoi ma vie ? Et si je devais mourir demain ou dans 6 mois, qu’est-ce que j’aurais envie de faire vraiment ? Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? L’âge aussi avançant fait son travail de projection sur l’avenir et sur ce qui nous reste à réaliser … Bref j’étais dans un état favorable à la réflexion, propice à m’ouvrir à d’autres choses.

Le déclic.

Et enfin, il y a eu un déclic lors d’un webinar animé par William Cargill qui présentait les vertus d’un bilan de compétences pour les avocats.

A l’issue de sa présentation, je me suis dit « mais bien sûr, mais bon sang, c’est trop bien, c’est ça que je veux faire ! »

Il y avait un côté irrationnel : à l’inverse de mes modes de fonctionnement habituels, cette fois-ci c’était le cœur qui parlait avant la raison et je m’autorisais à accepter l’évidence, à accepter cette nouveauté. Ça ne me ressemblait pas, mais c’était suffisamment présent et fort pour que je me décide à aller creuser cette piste.

J’ai pris contact avec William qui a fait preuve d’un accueil très chaleureux et d’une grande disponibilité avec des conseils précieux sur son parcours.

La route vers l’autonomie et la liberté.

J’ai donc décidé de me former au coaching. Un vrai choix cette fois !

Une formation longue [2], sur quasiment un an. Un vrai bouleversement interne, riche en apprentissage de soi et des autres, et de très belles rencontres. Une année expérimentale qui bouscule, remet en cause, questionne et qui dynamise aussi.

Il y a eu clairement un avant et un après cette formation !

A l’issue de cette année et de ma certification, il était évident que j’aimais le coaching et que j’avais, en effet, les qualités humaines requises pour l’accompagnement. J’étais donc certaine de vouloir pratiquer cette activité, mais la question était double : Comment et Quand ?

En effet, pas simple d’oser raccrocher la robe et de se lancer complètement dans l’activité de coaching.

J’ai mené les deux activités en parallèle pendant un moment et j’ai réalisé que, pour faire du coaching de façon pleine et entière et complétement investie, j’avais besoin de m’y consacrer intégralement.

La formation de coaching, le travail thérapeutique demandé en parallèle de cette formation, ma compréhension plus fine de mon mode de fonctionnement, de mes drivers, de mes nombreuses croyances limitantes, de mes freins et de cette fichue Peur m’ont permis de passer le cap et d’oser aller au bout de ce projet.

Sans ces aides extérieures qui m’ont permis de porter un autre regard sur ma situation -et donc d’explorer d’autres possibilités-, je ne serai peut-être jamais parvenue à sauter le pas !

C’est la raison pour laquelle j’affectionne tout particulièrement le bilan de compétences ou le coaching d’orientation professionnelle et le coaching de façon générale.
Ce sont de merveilleux chemins pour accéder à sa propre boussole interne et savoir où aller et par où passer !

J’aime particulièrement accompagner les avocats qui se retrouvent à un moment dans une impasse, comme j’ai pu l’être, à prendre de la hauteur et du recul sur leur situation et à se remettre en mouvement en pleine autonomie.

Aujourd’hui je suis tellement heureuse et fière de moi, je travaille aux côtés de Stéphanie Bertacchini et William Cargill chez Deinceps [3]

Pour conclure, j’ai envie de vous partager cette formule même si elle paraît facile et assez racoleuse : « Si ça a marché pour moi, pourquoi pas pour vous ? » Alors, lancez-vous !

Séverine Charbonnel

William Cargill

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